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AT French 5 

Aliya Freeman

Souvenirs du Texas

J'avais 4 ans quand ma mère m'a dit que nous allions déménager au Texas pour la première fois. J'étais nerveuse, car je savais que je quittais toute ma famille et mes amis. J'imaginais toujours aussi que le Texas était comme un désert aride avec des cactus, des herbes folles, et des cowboys. Alors, j'ai pensé que j'allais devenir un petite cowgirl comme dans les films. Après que nous avons déménagé, j'ai réalisé que ma vie était similaire à celle d’avant, sauf qu'il y avait de nouvelles personnes et qu’il faisait un temps beaucoup plus chaud. Je ne pouvais plus construire des bonhommes de neige, comme avant. En grandissant là-bas, j'ai commencé à accomplir plusieurs de mes plus grandes réussites et à créer la plupart de mes plus beaux souvenirs d'enfance. J'ai eu mes premiers amis, ma première grande victoire et j'ai découvert mon sport préféré. J'ai aussi vécu ma première vraie soirée pyjama. Maintenant que je suis plus âgée et que je ne suis plus considérée comme une enfant, je dirais que j'aimerais y retourner un jour. Quand je regarde les photos de mes amis et moi, je me souviens du temps où j'étais moins stressée et n'avais aucun souci au monde. 

Mon lieu préféré là-bas est le gymnase de taekwondo. Je suis allée dans deux gymnases, car nous avons déménagé. Mais dans chacun, j'ai ressenti toutes sortes d'émotions comme la joie, la colère, la douleur, la fierté. Au fil du temps, j'y ai fait des amis pour la vie. Ce n'est pas seulement les expériences que j’y ai vécues, mais aussi l'endroit où je suis tombée amoureuse du sport et où j'ai découvert mes passions. Ce n'est pas seulement un endroit pour moi, mais représente aussi un moment important et précieux de ma vie. Comme le banc de Monsieur Linh, il restera toujours un lien entre mon passé et la personne que je suis devenue.

Une Autre Maison

Quand j'étais plus jeune, j'allais en Virginie tous les étés pour rendre visite à ma famille après mon déménagement au Texas. Je me souviens du temps passé là-bas. Comme j'étais la seule enfant de la famille, je recevais beaucoup d'attention. Chaque week-end, nous allions à la plage, au parc, au parc d'attractions, à la patinoire, à l'université avec ma tante, ou à d'autres activités. 

Pendant mon premier été en Virginie, j'ai perdu ma première dent en mordant dans une pomme. À ce moment-là, je ne savais pas que les dents d'enfant tombaient. Donc, je suis arrivée à la conclusion que je devenais vieille très tôt, alors que nous étions sur la plage. Ma famille m'a rassurée que c'était normal, mais ma pomme était couverte de sable et j'étais tellement affectée que nous sommes rentrés à la maison. C'est alors que j'ai appris l'existence de la fée des dents qui m'a réconfortée. En fait, je suis devenue impatiente à l'idée de trouver de l'argent sous mon oreiller. C'était la dernière fois que je pouvais considérer la Virginie comme un chez moi.  

Après cet été-là, j'ai continué ma vie au Texas, qui ressemblait à ma vie en Virginie. Le Texas était plus grand et il faisait plus chaud, car j'habitais à côté de la ville. Cependant, au début, je l'ai imaginé comme dans les films avec des virevoltants, semblable au Far West où je deviendrais une cow-girl. Pourtant, j'ai noué des amitiés dont je me souviendrai toujours, même si j'ai déménagé encore une fois et que je n'ai pas parlé à mes amis depuis des années. 

Au Texas, j'ai commencé plusieurs activités que je pratique encore, comme le taekwondo. Je parle encore avec mes amis du taekwondo et ils sont très réputés dans la communauté. Même si, je ne peux pas les voir souvent, car je ne participe plus aux compétitions à cause d'une blessure, je porte toujours en moi l'amour pour ce sport et pour cette communauté. 


Clara Gutstadt

Mon lieu préféré - le parc à côté de ma maison

Mon lieu préféré est le parc à côté de ma maison. C'est un endroit de calme et de répit dans ma vie chaotique. Pendant les jours chauds d'été, j'aime m’asseoir sur un banc et regarder ce qui se passe autour de moi. Je vois les familles, les enfants qui courent de joie, et les chiens qui chassent les écureuils sur les arbres. C’est comme une scène pittoresque, une peinture qui soudain s'anime. Quand je suis entourée de béton et de grands immeubles, j'ai un endroit proche de moi qui est rempli de nature.

           Dans toutes les saisons j’y fais mes promenades, même quand il pleut. Pendant l'automne, les feuilles changent de couleur et tombent. Il semble que les arbres sont en feu. Quand je fais mes promenades en automne, je me sens comme dans un autre monde, et le caractère éphémère me rappelle comment nos vies changent constamment. J'entends le craquement des feuilles sous les pieds et je vois le vent qui apporte les feuilles dansant dans l'air. L'odeur change et devient pénétrante et je ne porte plus mes vêtements d’été. D'habitude, les gens à côté du parc décorent leur maisons avec le thème de Halloween. Je ressens un sentiment de communauté dans la ville parce que nous avons des traditions qui marquent le passage du temps.

           En hiver même s'il fait froid, je marche encore dans le parc. Le froid me réveille, et je suis reconnaissante pour la chaleur intérieure que je ressens. J'aime aller au café pour demander des boissons chaudes pour me réchauffer les doigts. Quand il neige, la terre est toute couverte par la neige, comme une couverture blanche. En ville, quand toute la neige dans la rue devient comme une bouillie grise, il fait encore beau au parc. Après qu'il neige, je peux voir les petites empreintes de pas des animaux et des personnes. En hiver, il y a une sorte de sentiment de tranquillité quand la rue est abandonnée et que tout est calme. Je peux prendre une pause où le monde est silencieux et vide. Cette saison semble durer le plus longtemps. Vers la fin de l'hiver je veux qu'il fasse beau et je n'aime pas la rigidité de l'air.

           Au début du printemps, il fait encore un peu froid, mais je vois les fleurs et les arbres qui revivent et le parc devient éclatant de couleurs. Après quelques mois où j'ai passé la plupart de mon temps à l'intérieur, je peux apprécier la nature. Je passe du temps avec ma famille au parc et je joue avec mes chiens. Si je n'ai rien à faire, je peux passer quelques heures au parc parce qu'il fait beau et je veux échapper de la jungle de béton dans laquelle j'habite. J'aime faire mes devoirs au parc au printemps où je suis entourée de joie.

           Finalement, en été, je n'ai pas de devoirs ou d'école. Souvent, je joue au tennis au parc et je fais de longues promenades pour apprécier la beauté de la nature. Il y a un petit parc de chiens dans le parc et je peux les entendre toujours, mais cela apporte de la vie et de la vivacité à l'endroit. De temps en temps, je reste sur le pont sur les rails de chemin de fer et je vois le train qui passe. Quand j’y suis, je sens comme si le temps s’est arrêté alors que toutes les choses autour de moi bougent encore.

           Ce cycle se répète chaque année et il me rappelle de vivre pleinement le moment présent et c'est pourquoi mon lieu favori est le parc.

Les souvenirs heureux de mon enfance

          Quand j'étais petite, je voulais être comme mon grand frère. Donc, quand il a pris des cours de ballet, j'ai décidé que je voulais faire la même chose aussi. Au début, je ne l'aimais pas plus que les autres activités que j'avais faites, mais le temps a passé et à travers la danse, j'ai découvert des amitiés fortes et une communauté qui me soutenait.

           Je me souviens de mon premier spectacle du Nutcracker. J'avais cinq ans et mes amies et moi étions dans un rôle qui voulait dire "les étoiles" car c'était ma première représentation, J'étais très nerveuse, et je cherchais dans l'audience pour voir mes parents des coulisses. Quand la musique a commencé, nous avons sautillé sur la scène et avons dansé pendant deux minutes. Immédiatement quand la danse a commencé, j'ai aperçu mes parents, et je les ai salués même si cela ne faisait pas partie de la chorégraphie. C'était vraiment une danse très simple, mais je me suis sentie honorée de faire partie de cette tradition unique.

           Quand je réfléchis à ces premières représentations, je vois combien je me suis améliorée. Mes performances finales du Nutcracker étaient très spéciales. J'ai fait mon maquillage et mes cheveux en coulisses avec mes amis et nous avons pris des photos de nos coutumes ensemble. Dans les coulisses, je me sentais nerveuse comme la première fois. J'ai pris quelques profondes inspirations et j'ai été portée à la scène. Après avoir fini la danse de mon rôle, la poupée ballerine grandeur nature, je me sentais très accomplie.

           Les petits moments avec les amis ou les commentaires drôles des professeurs de danse sont ce qui rend mon enfance très spéciale. Maintenant, je suis très reconnaissante d'avoir trouvé mes meilleures amies à travers le ballet. Le ballet spécifiquement est une forme d'art vraiment difficile donc c'est impératif qu'on ait du soutien quand on n'est pas très motivé. Une fois, nous avons eu un cours avec le directeur du Rock School for Dance Education. Il était nouveau en ce temps-là, donc ma classe entière était terrifiée de lui. Il nous a donné un exercice un peu complexe donc j'ai focalisé beaucoup. À la fin de l'exercice, il m'a dit que je l'avais bien fait et il m'a demandé mon nom. Ce jour-là aussi, la climatisation est tombée en panne et il faisait chaud. Mes amis et moi ressemblions à des tomates à la fin du cours. Finalement, une personne nous a apporté un grand ventilateur et nous sommes tous restés devant le ventilateur pendant une pause.

           Maintenant quand je prends des cours de ballet avec le directeur, Peter Stark, je me souviens de cette journée amusante et mémorable. Cette histoire est seulement un exemple de mes expériences marquantes avec mes amis de ballet. J'ai des histoires innombrables de ballet et chacune est très spéciale; je suis entourée d'amis proches et je fais une activité que j'adore.


Melina Intzes

Le balcon de ma maison en Grèce

Regarder, peut être à la fois amusant et intéressant. Comme mes chats qui aiment s'asseoir sur des surfaces élevées pour voir leur environnement, mon endroit préféré est de m'asseoir sur le balcon à l'arrière de ma maison en Grèce. Je vois à la fois les enfants qui courent et achètent de la glace et le mont Olympe ou la mer bleue et claire. Cela me rappelle l'époque où j'étais une petite fille, quand je marchais tous les jours sur la plage en été avec ma famille avec des jouets dans les mains. 

           La maison a trois étages, chacun avec son propre balcon. Les membres de ma famille possèdent un étage, mes parents et moi habitons au troisième, ma tante et mon oncle au deuxième, et ma grand-mère et l'autre tante au premier. La proximité entre nous est spéciale puisque que nous pouvons facilement aller chez les uns et les autres. Chaque fois que la nuit est claire et fraîche, nous nous rassemblons sur le balcon, et tout le monde mange et boit joyeusement. Certaines nuits, nous invitons des voisins, qui apportent des pâtisseries ou de petites glaces. Cela me rappelle une vie plus simple. 

           Chaque fois que nous allons en Grèce, mes parents et moi rendons visite à nos voisins pour obtenir notre clé. Ils nous accueillent toujours à bras ouverts malgré la distance et le temps qui nous séparent. Ils nous saluent chaleureusement, et nous nous asseyons au balcon et buvons du café. J’oublie le stress et je suis entourée par la chaleur et l’accueil de la communauté.

           Le balcon me rappelle le bonheur et la détente. Il y a une belle simplicité à pouvoir regarder les étoiles scintillantes ou les montagnes sans fin et simplement admirer, sans aucune autre pensée en tête. Je ressens une sorte de nostalgie quand je regarde les maisons de mes voisins et que je pense à quoi ma vie ressemblerait si j'étais restée. Le balcon n'était donc pas seulement un lieu de détente, mais aussi un sanctuaire entre le passé et le présent. Alors que ma vie aux États-Unis change constamment, ma vie en Grèce reste immobile et figée dans le temps.
 

Souvenirs d’enfance

           Mes parents ont toujours documenté ma jeune vie. Nous avons beaucoup d'albums photos, et chacun contient un événement spécial dans ma vie. Le premier album montre mes aventures à la plage. J'allais souvent à la plage, "paralia," avec mes parents en Grèce. J'ai des souvenirs très précis de l'eau bleue et claire, et du soleil qui brillait si fort. Je jouais dans le sable ou dans l'eau peu profonde pendant que ma mère prenait des photos de moi. Après la plage, je retournais en ville et je marchais avec mes parents pour aller rendre visite à chacun de mes amis pour déjeuner ensemble. Le deuxième album contient des photos d'un voyage que ma famille a fait à Athènes pour visiter le Parthénon. Ma mère a choisi ma tenue pour le voyage, une chemise rose et une jupe blanche avec des fleurs vertes. Ma mère et moi avons posé devant le grand monument et mon père a capturé le moment avec beaucoup de photos. Mes parents ont créé d'autres albums après quelques années pour regarder et se souvenir de ces événements plus tard.

           À part les albums que mes parents ont organisés, j'ai d'autres souvenirs qui ne sont pas documentés. Je me souviens de quand j'avais six ans et ma grand-mère m'apprenait à jouer du piano. Quand je le jouais, la porte du balcon était ouverte et le vent entrait dans la maison. Il y avait une aura de magie. Je me souviens aussi du temps où mes parents ont un jour visité spontanément nos voisins. Nous avons bu du café ensemble, et après avoir fini, notre voisin a pris chaque tasse vide et a prédit notre futur en interprétant le marc de café sur la tasse. Même

si je suis triste de ne pas avoir de photos qui représentent ces moments-là, je pense que les souvenirs éphémères sont les plus précieux. 

           En général, mon enfance était très heureuse. J’étais enfant unique, et parce que ma mère m'a eue tard dans la vie, j'ai reçu beaucoup d'attention et j'ai passé une grande partie de ma vie avec des adultes qui m'aimaient profondément. Mes parents m'emmenaient partout avec eux, comme aux fêtes et au bord de la mer avec leurs amis. Cela me rappelle un autre souvenir heureux, la nourriture. À ces soirées dans les restaurants au bord de la mer, j'appréciais des mets variés mais j'aimais particulièrement les fruits de mer. Mes meilleurs moments sont les dîners le soir sur le balcon avec ma famille, ce qui était accompagné par des danses pour digérer toute la nourriture. Après le dîner, mon père et mon cousin jouaient de la musique ensemble avec des guitares et des bouzoukis. C'était une vie riche en sons et en couleurs. 


Macy Li

Lilac's -- Ma Maison Loin de Chez Moi

Dans ma chambre, parmi les innombrables cahiers et feutres de couleur que j'ai collectionnés, on trouve un stylo en forme de carotte. Il n'a pas d'encre depuis des années, mais je le chéris comme un trésor, et je refuse de le jeter. C'est parce que ce stylo carotte est plus qu'un simple instrument d'écriture: c'est un souvenir, une capsule temps de mon enfance à Shanghai, en Chine, où j'avais une résidence secondaire appelée Lilac's.

        Lilac's était une papeterie qui vendait des articles pour les enfants. Fascinée par tout ce qui est délicat et mignon, j'adorais que la boutique ait toujours été remplie de nouveaux articles qui satisfaisaient mes envies et ma curiosité. Par exemple, des crayons à couleurs changeantes et des agendas avec des paillettes. Lilac's était un refuge qui me rapprochait de ceux qui m'entouraient. J'allais souvent après l'école avec mes amis, et nous nous disputions gentiment pour trouver les plus beaux autocollants ou les objets les plus originaux. J'y allais souvent parce que je suis devenue une cliente habituelle, et la propriétaire me disait bonjour par mon prénom et me demandait à propos de l'école. Après avoir acheté ces petites choses, je les apportais souvent le lendemain pour les montrer à mes camarades, qui les regardaient avec surprise et amusement. Pour moi, la papeterie était un endroit spécial qui me reliait à mes amis et à la propriétaire, qui est devenue comme une amie.

           Le temps passé chez Lilac's a aussi été la première fois que j'ai compris l'importance de la gratitude. Parfois, j'y allais le weekend avec mon père si j'avais bien fait un devoir. Il me laissait choisir un petit cadeau, même si à chaque fois, mon attention était captivée par de nombreux objets. Je le suppliais souvent de me laisser prendre davantage, et presque toujours, il me laissait choisir un objet de plus à emporter. Il savait que cela me faisait sourire, et le souvenir de mon père payant mes cadeaux au comptoir m'a fait réaliser combien j'avais de la chance, comment il travaillait dur pour moi, comment il m'aimait inconditionnellement et généreusement. Ainsi, Lilac's était non seulement un symbole de mon lien avec les autres, mais aussi un symbole de ma gratitude éternelle envers mon père.

        Tout au long de mon enfance, Lilac's a été une seconde maison qui semblait une partie de ma vie pour toujours. Quand j'ai déménagé aux États-Unis, j'étais triste de la quitter. De retour dans ma ville natale six ans plus tard, en tant qu'adolescente, j'étais surtout heureuse de pouvoir retourner chez Lilac's, de flâner dans le magasin et de saluer la propriétaire. J'étais contente de retrouver l'insouciance d'un enfant. Mais à ma surprise--et à ma tristesse--la

papeterie avait disparu, remplacée par une épicerie. Même si cela semblait comme si le magasin n'avait jamais existé, je me suis souvenue des souvenirs que j'ai créés: les rires avec mes amis, les conversations avec la propriétaire, et la camaraderie avec mon père. Lilac's restera toujours dans mon cœur, me rappelant moi-même, une petite fille de sept ans qui accueillait le monde à bras ouverts. Aujourd'hui, Lilac's est un symbole de la délicate impermanence de l'enfance. Quand je me souviens des souvenirs que j'ai créés, je souris avec une attitude à la fois douce et amère, mais aussi avec la leçon qu'il faut chérir le temps qui nous est donné.


 

Mon Enfance Heureuse à Shanghai

Dans mon appartement à Shanghai, en Chine, dans une boîte d'étain qui contenait autrefois des biscuits, on trouvait des dizaines de photos Polaroid, chacune immortalisant un souvenir d'enfance unique. J'allais à l'école primaire à l'ouest de Shanghai, tandis que j'habitais à l'est. Tous les matins, je prenais le bus scolaire pour un trajet d'une heure, rempli de rires et de joie avec mes amis du bus, qui sont devenus comme une famille. Beaucoup de ces photos Polaroid dans la boîte sont des photos de moi avec ces amis rencontrés dans le bus.

           J'ai commencé à prendre le bus en tant qu'élève de première année. J'étais nerveuse, en voyant tous ces enfants plus âgés qui semblaient déjà être amis. Pendant la première semaine, je restais assise seule dans le bus. Puis, finalement, à cause d'un incident amusant dont je ne me souviens plus très bien des détails, nous avons commencé à parler. Je me suis présentée, et petit à petit, nous avons discuté de plus en plus dans le bus, jusqu'à ce que les conversations s'enchaînent sans cesse à chaque trajet pour l'école. Souvent, nous écoutions de la musique dans le bus avec l'enceinte acoustique de mon ami, ou nous inventions des histoires avec une voix à chacun des personnages. Le chauffeur était fréquemment agacé par le bruit, mais nous étions juste des gamins insouciants à l'époque, qui voulions simplement nous amuser. Ainsi, je n'étais plus seule, mais entourée de tous ces enfants plus âgés qui m'avaient adoptée comme leur élève de première année préférée.

           En grandissant, nos parents nous ont permis d'explorer le quartier seuls, et nous avons commencé à traîner ensemble après l'école. C'est à cette époque que j'ai eu mon appareil photo Polaroid. Le skateboard était très populaire en Chine, alors nous avons chacun acheté nos propres planches et on a traîné après l'école pour faire du skateboard près de la rivière. Mon souvenir préféré est une douce journée de printemps, où, après une longue session de skateboard, nous nous sommes assis sous un saule près de la rivière, en équilibre sur nos planches et en mangeant des gâteaux achetés à l'épicerie souterraine. J'ai une photo Polaroid de ce moment: nous, faisant le signe de la paix, avec l'air heureux et unis. Parfois, nous jouions à cache-cache sur la place publique ou allions au parc pour jouer sur les barres ou les toboggans. Pendant toutes nos aventures, j'emportais mon appareil photo, immortalisant ces souvenirs inoubliables.

           Après quatre ans et demi passés dans cette école primaire, j'avais accumulé d'innombrables Polaroids de mes aventures avec mes amis dans le bus. Bien que de nombreuses années se soient écoulées depuis, ces Polaroids restent un rappel intemporel de mon enfance, de ma joie insouciante, et de ma nostalgie sans fin pour l'innocence de la jeunesse.

Claire Lu

Dormir sur les Nuages

Mon lit est mon sanctuaire. Je le couvre avec des draps blancs et floconneux, et c'est comme dormir sur des nuages. De temps en temps je change les draps blancs pour une couleur plus jaune et chaude comme le soleil qui se lève le matin. J'ai un oreiller que je couvre avec une soie blanche. La soie est douce et c'est bon pour ma peau et mes cheveux. De plus, je recouvre les bords du lit avec des oreillers longs et doux, alors je suis entourée de douceur. Cela me rend tranquille et bien au chaud sur mon petit nuage duveteux. Parfois, j'ajoute une couverture duveteuse en poils épais. Quand je m'enveloppe dans la couverture, je sens comme si je suis dans l'étreinte d'un grand Samoyède. C'est un chien que j'espère adopter un jour. 

L'après-midi, le soleil brille à travers ma fenêtre. La lumière du soleil projette une lueur chaleureuse sur mes draps et mes murs blancs. La lumière les transforme en couleur d’or. Je trouve cela très esthétique et douillet. C'est le moment que je préfère le plus de la journée. 

La nuit, quand je vais dormir, j'ai un ours en peluche qui m'accompagne. Il a une couleur marron douce et je l'ai acheté en France. Je ne l'ai pas nommé moi-même, mais son nom est Bartholomew. 

Toutes les fois où je voyage loin, mon lit est la chose qui me manque le plus. J’y pense tous les jours, à chaque fois que je me sépare de ma chambre et que je veux y retourner immédiatement. 

Mon lit m'a jeté un sort, c'est difficile pour moi de me lever le matin, et je ne veux jamais le quitter! Si je pouvais, je voudrais y dormir pour toujours, et je me réveillerais dans cent ans, comme La Belle au bois dormant. Ou même plus longtemps, jusqu'à la fin de l'univers.

Un restaurant à Paris

Un moment heureux du voyage en France était quand nous avons mangé dans un resto à Paris. Je me souviens que c'était la nuit où j'ai le plus ri de toute ma vie. Pour le dîner, tout le monde était élégamment habillé. Le ciel était sombre et il faisait froid, mais l'atmosphère du resto était chaude parce qu'il y avait des lumières chaudes comme la couleur orange. Mes amis et moi bavardions en attendant de commander de la nourriture. Je me souviens que j'ai commandé un plat de pâtes au saumon, beaucoup de mes amis en ont mangé aussi. Il y en a quelques-uns qui ont apporté une caméra, alors nous avons pris des photos. Il était difficile de prendre une bonne photo à cause des lumières qui étaient un peu sombres. Nous avons bavardé de tout et de rien. Nous avons regardé nos vieilles photos d'il y a des années, et nous avons ri. Dans une vieille photo, il y avait dix jeunes enfants et un ballon bleu. Les enfants entouraient le ballon. Je me souviens que c'était l'anniversaire d'une amie et nous sommes allées chez elle pour la fête. Nous avons joué avec un ballon de yoga bleu géant. Le ballon était assez grand pour s'asseoir dessus. Nous avons joué la chaise magique avec ça, et nous nous sommes battus pour ce ballon. Nous avons joué à un jeu où nous avons essayé de garder le ballon dans l'air avec nos pieds. Une fois, nous l'avons frappé jusqu'au plafond accidentellement et un morceau du plafond est tombé. Nous avions peur, mais nous riions. Maintenant, chaque fois que je vois un ballon de yoga bleu, je me souviens de cette fête. 

Shannen Lu

Ma cuisine

           Mon lieu préféré, c'est ma cuisine. J'ai appris à cuisiner avec ma mère dans ma cuisine il y a longtemps. J'ai commencé en aidant avec les légumes. Je les lavais en suivant les consignes de maman. Je cherchais les ingrédients du frigo lorsqu'elle maîtrisait le feu féroce de la cuisinière. Puis, j'ai appris à couper ces légumes moi-même, pas sans hésitations bien sûr. Peu à peu, je suis devenue capable de cuisiner mes propres œufs au plat et mes propres légumes sautés. Je me suis retrouvée en train de jouer avec ce feu qui autrefois me paraissait si sauvage et effrayant. Cela me donnait beaucoup de fierté, de pouvoir cuisiner certains plats toute seule à l'âge de onze ans. Plus tard, vers treize ans, j'ai commencé à cuisiner des plats avec de la viande. Jusque-là, j'évitais de cuisiner de la viande de peur qu'elle devienne trop dégoûtante et qu'elle finisse par être gaspillée. Je la réservais pour mes parents qui cuisinaient toujours quelque chose de magnifique que cela soit sucré, acide, ou mon préféré, piquant. Ce fut un intervalle important pour moi car j'ai acquis la confiance en mes capacités à manipuler la viande pour qu'elle soit délicieuse. À partir de ce moment, j'avais toutes les compétences, y compris la confiance pour cuisiner quoi que ce soit.

Maintenant, après une longue journée à l'école ou un entraînement de natation particulièrement difficile, j'ai toujours hâte de rentrer chez moi pour cuisiner. Ma cuisine est devenue un refuge; un espace pour me détendre, pour donner vie à mes idées et pour apprécier la nourriture. Elle me donne une tranquillité libératrice. Les actions simples mais nécessaires pour fabriquer un repas chaud et appétissant ont une familiarité réconfortante. Dans ma cuisine, je suis entourée par la sérénité, une sérénité apportée par les douces saveurs aromatiques qui échappent régulièrement du couvercle d'un pot qui bouillit. Je peux cuisiner ce dont j'ai besoin pour me nourrir comme des pâtes, des soupes, ou du poulet et du riz. Mais j'ai aussi le choix de laisser ma créativité prendre charge en expérimentant avec une nouvelle recette, ou bien en préparant un repas entier à partir de produits bruts. Souvent, il se peut que je me retrouve au marché quand un matin, j'ai choisi de cuisiner un plat spécial que j'avais envie de déguster le soir même. Je suis la plus heureuse quand je suis dans ma cuisine et, sur le comptoir, il y a tous les ingrédients dont j'ai besoin. Une abondance de nourriture me rappelle que je suis chanceuse. C'est un cadeau de pouvoir trouver le temps pour cuisiner pour sa famille et soi-même. 

En parlant de ma famille, c'est aussi dans ma cuisine que j'ai vécu mes plus beaux souvenirs avec mes proches. Ma tradition d'enfance préférée c'était quand on faisait de grands lots de dumplings. Mes parents préparaient la farce. Ma mère ajoutait les épices et les légumes à la viande. Mon père mélangeait tous les ingrédients. Mon frère et moi, nous assemblions les dumplings. Les nôtres étaient moches comparés à ceux de mes parents, mais c'était juste une question de pratique, et de plus ils avaient tous le même goût de toute façon. Après une friture ou ébullition rapide, ils étaient prêts à être mangés alors que les extras allaient au congélateur pour un autre jour. Ce processus prenait une soirée entière car le pliage des pâtes de dumplings est une tâche qui demande beaucoup de temps. Mais c'est pendant ce temps-là, dans la lumière chaleureuse de ma cuisine, que les liens familiaux se resserraient et les souvenirs se créaient, aussi naturellement qu'un dumpling.

           

Mon enfance

Ma jeunesse, que je vis encore, était enveloppée d'un voile de bonheur et de douceur. Mes parents et mon frère avaient attendu avec impatience l'arrivée du plus jeune membre de la famille, qui représentait pour eux un énorme changement dans leurs vies. Juste avant ma naissance, ils ont emménagé dans une nouvelle maison, la même maison que j'appelle mon foyer encore aujourd'hui, dans laquelle j'ai passé ma vie entière. Mon frère, de huit ans plus âgé, qui avait longtemps rêvé d'avoir une petite sœur, veillait sur moi autant qu'il jouait avec moi. Même mon père qui travaillait en Californie est resté la plupart de l'année ici en Pennsylvanie pour aider ma mère et pour passer du temps avec moi. 

           Étant bébé, j'ai reçu beaucoup d'attention de la part de mes parents, à tel point qu'on pourrait dire que j'étais la préférée, soit par les circonstances, soit par choix. Cette inégalité de traitement, involontaire, à mon avis, aurait créé une tension inconfortable entre mon frère et moi. Nous n'avons pas pu rester aussi proches que je l'aurais souhaité, ce qui est dommage parce que moi aussi, comme lui, voulais appartenir à une fratrie soudée, quoique petite. Cet aspect de notre relation était, d'habitude, éclipsé par nos propres vies chargées.

           Quant à ma vie en dehors de ma communauté, elle a véritablement commencé à trois ans quand je suis allée à l'École Française. C'était une décision qui divisait mes parents et mes grands-parents, car à l'époque ils avaient simplement eu besoin de trouver un endroit pour me faire garder pendant la journée quand ils travaillaient. Mon grand-père, lui-même polyglotte, avait soutenu la décision de ma mère de m'envoyer dans une école privée, tandis que mon père et ma grand-mère ne croyaient pas que cela en valait la peine, au vu de l'investissement financier important. 

           Malgré cela, j'ai commencé mes études à l'École Française Internationale de Philadelphie à trois ans, sans savoir un mot de français ou même d'anglais. Je me suis rapidement retrouvée dans une communauté chaleureuse et diverse. Au fil des ans, mon école a inculqué de nombreuses valeurs se rapportant à une vie multilingue, comme la curiosité, l'adaptabilité et une ouverture d'esprit que je valorise encore aujourd'hui. C'est aussi là-bas que j'ai rencontré mes meilleurs amis qui, en plus de cette éducation unique, ont apporté une grande richesse à mon enfance. 

Au sujet de l'éducation, mes parents m'ont toujours guidée vers les mathématiques et les sciences, leurs propres domaines. Je me souviens qu'au C.P., après l'école, je m'installais à côté du bureau de mon père pour faire mes tables de multiplication. Bien souvent, je finissais avec des larmes aux yeux parce que, dans ma petite tête d'enfant, je ne pouvais pas croire que cela deviendrait facile et naturel avec assez de pratique. Maintenant, je comprends pourquoi mes parents ont autant insisté pour que j'aie des bases solides dans mes études, car toutes les connaissances acquises par la suite se sont appuyées sur ces fondements.

            Rétrospectivement, je suis vraiment reconnaissante pour l’enfance heureuse et comblée que j’ai reçue et que je n'échangerais pour rien au monde.

Lyla Mason

Les Jardins Magiques

Mes lieux préférés sont les Jardins Magiques à Philadelphie. C'est au cœur de la ville, mais ils sont cachés sur South Street derrière un portail couvert par des éclats de verre et de lumière.

Chaque fois que j'y entre, j'ai l'impression de quitter le monde. Le bruit de la ville devient, peu à peu, comme un chant qui est perdu dans le vent. Les voitures, les voix des gens, et les bruits de pas lourds ont tous disparu. C'est un lieu de silence coloré. Il y a des fragments de vie coincés dans les murs de pierre, comme les petites pièces de bouteilles vertes, les carreaux bleus, et les miroirs cassés qui reflètent le ciel. Le soleil, en traversant ces vitraux, peint le sol avec des taches qui sont en mouvement. Tous les pas deviennent une mission pour découvrir les idées d'Isaiah Zagar, l'artiste des jardins. 

           Zagar écrit partout, sur les murs, des phrases simples mais profondes, par exemple: "Art is the center of the real world," ou "Remember who you are." 

        Ces mots me touchent toujours. Je les ai lus, je les ai relus, et j'ai l'impression de comprendre un peu mieux le cœur des choses que Zagar écrit. Chaque fragment de verre semble être un morceau de son esprit, ordonné dans un chaos merveilleux. J'aime les petits passages étroits, les escaliers raides, et les coins secrets où on se sent invisible. Parfois, je m'assois sur un banc couvert de mosaïques et je regarde la lumière danser sur les murs. C'est mon banc comme le banc de Monsieur Linh. C'est là où je me sens en paix, où je peux vraiment respirer. 

           Je me souviens du jour où j'ai pris mes portraits de fin d'études. Le photographe m'a dit: "Choisis un lieu qui représente ta personnalité." Et sans hésiter, j'ai choisi les Jardins Magiques. Sur les photos, on voit les éclats de verre autour de moi, la lumière qui joue sur mes cheveux, et mon grand sourire. C'était un sourire spécial pour juste cette place. Parce qu' ici, je me sens chez moi. C'est une maison faite de verre et de lumière.

           J'aime le contraste aussi. La rue South Street, est bruyante et pleine de vie avec ses boutiques et ses muraux qui racontent l'histoire de la ville. Mais quand on entre dans les Jardins Magiques, tout change. C'est un monde dans le monde! Un monde de l'art qui ne juge pas, qui accueille tout ce qui brille et tout ce qui a été brisé. C'est un monde de fragments réinventés. Il y a une leçon de beauté dans cet endroit. Tout ce qui a été cassé peut devenir magnifique. Chaque éclat de bouteille, chaque fenêtre brisée devient une lumière nouvelle. C'est peut-être la philosophie d'Isaiah Zagar.

           Et chaque fois que j’y retourne, je pense à lui, à sa patience et à la manière dont il a transformé la rue en un poème.
 

Un souvenir heureux de mon enfance à la manière de Simone Veil

J'ai grandi dans une famille où les traditions étaient très importantes, même si on ne parlait pas à propos de ces choses. Parmi ces traditions, il y avait le gâteau éponge que je faisais avec ma grand-mère, seulement une fois par an, pour la première nuit de Pessah. C'était notre rendez-vous spécial. Nous ne l'avons jamais manqué. Chaque année, quand la fête

approchait, nous nous retrouvions dans sa cuisine. La maison devenait plus calme et plus organisée. On sentait que ce soir-là était différent des autres. 

           Depuis que j'étais petite, le premier jour du Seder était réservé à la préparation du gâteau. Pendant que le reste de ma famille préparait la table et accueillait les invités, ma grand-mère et moi restions dans la cuisine. Le gâteau devait respecter les restrictions alimentaires de Pessah, donc nous n'utilisions pas de farine ordinaire. Nous utilisions le repas azyme. Il fallait faire très attention à chaque étape.

           Ma grand-mère sortait doucement les œufs et les mettait sur la table. Elle disait : "Pour Pessah, il faut faire les choses sérieusement." Sa voix était calme, mais on comprenait que c'était important. Même quand j'étais enfant, je savais que ce moment importait beaucoup. Nous ne faisions pas seulement un dessert ; nous continuions une tradition de famille. Je montais sur un petit tabouret pour pouvoir atteindre le plan de travail. Chaque année, je faisais la même chose. Je séparais les blancs et les jaunes avec concentration. Ensuite, nous battions les blancs en neige ferme. Je regardais le liquide devenir blanc et léger, et cela semblait presque magique. 

           Nous répétions les mêmes gestes chaque année, mais ce n'était jamais ennuyeux. Au contraire, le fait de le faire seulement une fois par année rendait ce moment plus précieux. Nous savions que c'était une tradition unique. Pendant que le gâteau cuisait au four, nous disions à tout le monde qu'il fallait être très silencieux pour que le gâteau n'ait aucune difficulté à lever. Ma grand-mère a aussi mis une pancarte sur la porte de son appartement qui disait à ses voisins d'être tranquilles pour ne pas déranger le gâteau. Je ne pouvais même pas regarder la télévision avec le son parce que le gâteau pourrait s'affaisser.

           Quand le gâteau était prêt, nous le sortions du four avec attention. Nous regardions s'il était assez haut et assez léger. Ma grand-mère appuyait doucement sur le dessus avec ses doigts. S'il était revenu à sa forme originale, elle souriait. Le soir, quand toute la famille était réunie autour de la table, notre gâteau avait sa place parmi les autres desserts. Mais pour moi, il représentait notre travail ensemble et notre tradition annuelle.


Ambea Nmah

 La chambre de ma mère

Quand on pense au lieu qui lui apporte du réconfort, on peut penser au parc, chez un ami, ou à sa chambre. Pour moi, un lieu qui m'apporte du réconfort est la chambre de ma mère. Il y a beaucoup de souvenirs que j'ai eus dans sa chambre. En grandissant, c'était un lieu où je pouvais aller pour recevoir du confort si j'avais fait un mauvais rêve ou si j'avais passé une mauvaise journée à l'école. Mais je n'avais jamais pris le temps pour réfléchir à ce qui rendait la chambre de ma mère si spéciale. 

En grandissant, la chambre de ma mère a toujours été ouverte. Quand j'étais petite, elle était comme un petit monde à part. Je sautais sur le lit en riant, je jouais à cache-cache derrière les rideaux, je m'amusais avec son maquillage et je regardais la télévision tard le soir. Je me souviens aussi quand ma mère a donné naissance à mon petit frère et mon grand frère et moi envahissions la chambre pour jouer avec le nouveau bébé dans son berceau, nos rires résonnaient dans la chambre. Il y avait dans cette pièce quelque chose de réconfortant, l'odeur légère de son parfum, la lumière douce qui passait à travers les rideaux, et le son de sa voix qui me disait que tout allait bien.

Avec le temps, les choses ont changé. Nous avons déménagé, et la nouvelle chambre n'était pas la même. Les murs avaient une autre couleur, la lumière entrait différemment, mais l'atmosphère n'avait pas changé. C'était toujours un lieu de calme et de sécurité. De nouveaux souvenirs sont venus s'ajouter aux anciens. La nuit, je restais près d'elle quand j'étais malade, ou encore pendant les nuits du Nouvel An, quand nous restions éveillés en disant des prières et en parlant toute la nuit.

Comme le banc de Monsieur Linh, la chambre de ma mère représente toujours pour moi un point d'ancrage, un repère dans un monde qui change sans cesse. Ce n'est peut-être qu'une pièce, avec un lit, des cadres, et une lampe, mais pour moi, c'est le lieu où je retrouve toujours un peu de moi-même, où je me sens enfin chez moi. 
 

Un Noël pas comme les autres

Quand j'étais petite, Noël était toujours ma fête préférée de l'année. Mais, il y a un Noël en particulier dont je me souviens très bien, parce que j'ai reçu une poupée que je voulais depuis très longtemps. Un jour, quand je suis rentrée de l'école, j'ai vu une publicité à la télé pour une poupée avec qui on pouvait parler. C'était quelque chose de complètement nouveau et que je n'avais jamais vu ni entendu. Elle avait des cheveux blonds, des yeux bleus, portait une chemise blanche, une jupe rose, et une veste bleue, et elle s'appelait Cayla. Je me souviens avoir supplié ma mère de m'acheter la poupée Cayla tous les jours après avoir vu la publicité. Ma mère me l'a toujours dit que je pouvais demander au Père Noël pour ça. Alors, c'était ce que j'ai fait.

           Il y avait deux mois avant Noël et j'étais déterminée à obtenir Cayla. Alors, je me suis assise dans ma chambre et j'ai écrit une lettre au Père Noël. J'expliquais à quel point je la voulais, et j'ai promis d'être la meilleure pour le reste de l'année. Quelques jours plus tard, ma famille est allée au centre commercial pour prendre des photos avec le Père Noël et je me suis assurée d'apporter la lettre avec moi. Quand ce fut notre tour de prendre des photos, je me suis assise juste à côté du Père Noël et lui ai donné ma lettre. J'ai quitté le centre commercial en me sentant satisfaite et au fil des jours, je me suis assurée d'être la meilleure.

           C'était le matin de Noël, je me suis réveillée très tôt et je me suis précipitée de ma chambre. J'ai couru au salon pour voir tous les cadeaux que le Père Noël nous a donnés. Il y avait beaucoup de cadeaux sous le sapin et j'étais très heureuse. Je n'ai pas perdu du temps pour ouvrir chacun de mes cadeaux. J'étais arrivée au dernier cadeau et je n'avais pas encore reçu la poupée, j'étais dévastée. Mais à ce moment-là, mon frère a sorti un dernier cadeau du placard pour moi. J'avais l'habitude de l'ouvrir. J'ai poussé un cri aigu quand j'ai vu le visage de la poupée sous le papier d'emballage, c'était Cayla. J'étais extrêmement heureuse et surprise. Je me souviens que j'ai immédiatement souri et que j'ai remercié ma mère. C'était un moment très spécial pour moi.

Piper Skoglund

Mon Lieu Préféré

Mon lieu préféré est ma voiture. C'est comme un portail qui s’ouvre où que je veuille aller, et un lieu où je peux rester. Ma voiture n'est pas grande, mais n'est pas petite non plus. Sa couleur est entre le bleu et le gris, comme un ciel avec des nuages. Ce n'est pas une vieille voiture, donc la peinture est presque parfaite à part la petite égratignure sur la poignée depuis qu’une porte d'une autre voiture a percuté ma voiture. J'avais personnalisé ma voiture avec des petites décorations. Un magnet pour les Phillies sur la porte du coffre, des campanules violettes au crochet sur le rétroviseur, une couverture violette sur le siège arrière. Il y a beaucoup de violet dans ma voiture, parce que la couleur est chaleureuse et un peu surnaturelle et magique. 

           Ma voiture est aussi bien parce qu'il y a un climatiseur et un radiateur. En été, j'ai le contrôle sur la température de la voiture, donc c'est toujours froid à l'intérieur parce que je déteste la chaleur. En hiver, il fait toujours chaud à l'intérieur parce que je déteste aussi le froid. J'aime la capacité de changer l'atmosphère de ma voiture, avec des décorations et le génie climatique. Quand j'ai la capacité de faire ces changements, je peux toujours être à l’aise. 

           J'utilise ma voiture pour beaucoup de choses. Je peux faire des siestes sur le siège arrière, avec ma couverture violette. Ces siestes sont très satisfaisantes, plus satisfaisantes qu'une sieste dans mon lit. Je peux passer mes chansons préférées et chanter sans jugement ou peur dans ma voiture. J'aime quand j'écoute de la musique très forte, et quand je conduis avec les fenêtres ouvertes donc tout le monde peut écouter aussi. Je peux parler avec ma sœur le matin, et avec mes amies dans l'après-midi dans ma voiture. C'est ma responsabilité chaque jour de conduire ma sœur à l'école. C'est la raison pour laquelle j'ai une voiture, parce que mes parents sont très occupés et ils ont besoin d'aide avec le transport de ma sœur. 

          Ce que j'aime aussi au sujet de ma voiture, ce sont les connexions que j'améliore. Je suis une actrice dans les spectacles de théâtre, donc j'ai deux heures entre la fin de l'école et les répétitions. Pendant deux heures, je conduis avec mes amies pour aller dans des restaurants et des cafés près de l'école, et nous achetons le dîner. Je connais mieux mes amies maintenant, après que nous avons passé du temps dans ma voiture en route pour le dîner. Ma voiture est un lieu avec beaucoup de rire et de blagues. 

           J'adore ma voiture, et je ne veux pas imaginer ma vie sans elle. C'est utile, mais aussi confortable. Ma voiture est comme le banc pour Monsieur Linh parce que les deux créent des liens entre les gens. Un lieu préféré doit rendre heureux. C'est un lieu où tu veux être tout le temps. Ma voiture est toutes ces choses, et beaucoup plus. 


 

Les Souvenirs heureux de mon enfance

Les années de mon enfance étaient très heureuses. Je suis née à New York, mais je n'ai pas de souvenirs de ma vie dans cette ville. En ce temps-là, ma mère, mon père et moi habitions dans un petit sous-sol d'un appartement. Quand j'étais plus âgée, j'ai visité cet appartement avant qu’on le vende, donc même si je n'ai pas de souvenirs, je sais à quoi l'appartement ressemble. Quand j'avais dix-huit mois, nous avons déménagé dans une maison dans une banlieue de Philadelphie. C'est la maison dans laquelle j'habite maintenant, donc j'ai beaucoup de souvenirs ici. C'est juste moi, ma mère et mon père, mais après quatre ans, c'est moi, ma mère, mon père, et ma petite sœur qui y habitions. Quand ma sœur avait trois ou quatre ans, nous commencions à faire tout ensemble. 

           En été, nous avons passé du temps en dehors de la maison. Mon père m'a enseigné à faire du vélo, et après ça, j'étais libre. Je pouvais aller partout dans le quartier. J'avais beaucoup d'amis qui habitaient près de chez moi, et quand le temps était agréable, nous jouions dans la rue. Nos jeux favoris étaient "tag" et "hide-and-seek". Nous avons joué toute la journée, chaque jour des vacances d'été. 

           En automne, mon père ratissait les feuilles en un tas dans le jardin de devant. C'était une tradition pour ma sœur et moi de jouer dans les feuilles chaque année. Une fois, mon père a perdu son alliance dans un tas et nous avons cherché pendant trois heures. C'était un peu effrayant à ce moment-là, mais maintenant, cette histoire est très drôle. 

           En hiver, nous avons passé beaucoup de temps à l’intérieur de la maison. Ma sœur et moi regardions beaucoup de films de Noël chaque décembre avec notre mère. Noël était important dans ma famille, mais nous ne sommes pas chrétiens. Nous n'avons pas de religion du tout, donc nous avons choisi de célébrer des fêtes joyeuses ou des fêtes avec de la bonne nourriture. Par exemple, nous achetions un arbre pour Noël, mais nous cuisinions aussi des pains pour la fête de Sainte Lucia, une fête suédoise. 

           Au printemps, j'allais plus dehors. Le printemps était ma saison préférée, donc je faisais beaucoup de promenades dans le quartier seule, mais aussi avec ma famille. Il y avait un parterre devant une autre maison dans le quartier et au printemps, les fleurs sauvages poussaient. Ces fleurs sont mes favorites, une fleur qui s'appelle "periwinkle". J'avais l'habitude de cueillir ces fleurs et de les apporter chez moi, pour les mettre dans une petite tasse d'eau. Le printemps était aussi ma saison préférée parce que mon anniversaire est à la fin du printemps. Chaque année, j'avais une fête avec mes amis et ma famille pour mon anniversaire, et c'était très amusant. 

Lisa Wang

La scène

La scène est le foyer de tout ce que j'aime. C'est le lieu où ma mère a trouvé le feu de sa vie. C'est le lieu où il y a des gens qui aiment la musique et la performance comme moi. C'est le lieu où le projecteur éclaire ma passion et fait briller ma vie. C'est, ainsi, mon propre cinéma.

"Brille, brille, petite étoile, dis-moi, dis-moi qui tu es," je chantais ce refrain, dans une petite salle dans ma maison où je jouais quand j'étais juste une petite étoile. Ma mère m'a d'abord appris cette chanson en chinois dans la salle créative. J'étais loin de me douter qu'un jour, je deviendrais cette étoile. Aujourd'hui, le chant m'apporte beaucoup de joie. Bien sûr, je chante dans des cours, des prestations, et des concerts, mais je chante aussi quand je fais une promenade ou parfois je fredonne en faisant mes devoirs. Quand je suis sur la scène, on peut me trouver en chantant avec le groupe a capella de mon école ou à New York, lors du récital de ma professeure de chant.

De plus, la scène est aussi le lieu où je danse. J'aime la danse. J'aime la liberté d'expression qu'elle offre et comment on bouge au rythme de la musique. Ainsi, on peut exprimer des émotions à travers la musique, sans mots, mais avec des gestes qui valent mille mots. D'habitude, ma scène pour la danse existe quand je fais du théâtre musical ou quand je danse pour l'équipe de danse de l'école. Les scènes où je danse sont des lieux où je me sens plus confiante et heureuse. Cet été, j'ai passé du temps avec d'autres gens qui aiment l'expression de la musique autant que moi dans un programme de théâtre musical pendant deux semaines. Je me souviens que, sur la grande scène où nous avons fait notre dernière performance, j'ai pensé "C’est ici que je suis à ma place. J'appartiens à la scène. C'est chez moi." Et j'étais sincèrement heureuse, parce que j’étais avec des gens qui aimaient la musique comme moi, et où je pouvais m'exprimer sans jugement. Là, sur scène, c'est l'endroit où j'ai rencontré mes meilleurs amis. Si je ne suis pas sur une grande scène, la scène ne disparaît pas. C'est parce que ma scène est aussi dans mon petit studio à la maison, et même dans ma chambre, où, sans miroir, je danse au rythme de la musique. Peu importe qui est le public, si ce sont les camarades et les professeurs de l'école, mes amis, ou juste de petits oiseaux à l'extérieur de ma fenêtre, je peux créer un espace où je me sens libre, sans restriction.

Et donc, je suis moi quand je suis sur la scène. Je suis libre, heureuse, et avec la communauté que j'aime. Et ça c'est pourquoi la scène est mon lieu préféré.
 

Les flaques après la pluie

Quand j'étais plus jeune, j'aimais sauter dans les flaques après la pluie.

Lors de mon troisième anniversaire, ma mère m'a emmenée dans un beau jardin. Ce matin-là, il avait beaucoup plu donc le ciel était gris et humide. Mais, je n'étais pas triste. En fait, j'étais très heureuse--- c'était mon anniversaire et j'ai toujours cru que la pluie était belle. 

Dans le parc, j'ai cherché des flaques. Je les ai cherchées dans tous les endroits où j'ai pensé qu'il y aurait un morceau de terre qui aurait la forme d'un bol. Très vite, je me suis trouvée dans un petit endroit où il y avait des fleurs qui étaient de la couleur du ciel et des papillons et qui étaient de la couleur des feuilles d'automne.

Je n'ai pas réalisé que je portais une belle robe ce jour-là, j'étais tout simplement hypnotisée par l'eau qui s'étendait devant moi. Au mépris de mes parents, j'ai bondi jusqu'à la flaque aussi vite qu'un lapin. J'ai commencé à sauter encore et encore pendant que je regardais les gouttelettes voler autour de moi. C'est là que j'étais la plus heureuse. C'était juste moi dans mon propre univers.

Puis, je me souviens qu'une dame s'est jointe à moi pour patauger dans la flaque. J'étais un peu timide, mais je me suis bien amusée. Ce souvenir est devenu l'un de mes souvenirs le plus marquant. 

Mais en grandissant, j'ai réalisé que pour les autres, la pluie était triste, sombre et morose. Chaque fois qu'il pleuvait, j'écoutais mes amis se plaindre du temps, en disant 

« Maintenant, je ne peux pas jouer ! » Je me souviens qu'ils chantaient des chansons sur la pluie. Ça faisait quelque chose comme : « Pluie, pluie, va-t'en. Reviens un autre jour ! »

J'ai repensé à la dame, et pour la première fois, je me suis demandé si elle se moquait vraiment de moi. Pourquoi est-ce que j'ai aimé la pluie ? C'est sombre et humide. Je ne peux pas jouer dehors et, comme on me l'a dit, cela rend triste. Peut-être que j'étais réellement bizarre.

Alors, j'ai vu la pluie partout. C'était comme si le ciel avait entendu mes doutes. Je me souviens que je travaillais sur une peinture de la mer. J'ai découvert que j'aimais étudier dans ma chambre ou m'envelopper dans une couverture avec un bon livre. Ou, parfois, je demandais à ma grand-mère si je pouvais faire une pause dans mes études pour aller dehors sous la pluie dans notre jardin pour que je puisse sentir le clapotis des gouttes sur ma peau.

Parfois, on ne peut pas fuir son enfance, surtout les souvenirs qui nous rendent le plus heureux.

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